Exploration du changement en géotechnomie

Ce rapport décrit 6 histoires de changement dans la géotechnomie, explorant des avenirs plausibles caractérisés par des interconnexions profondes entre le pouvoir international, les technologies émergentes à double usage et la prospérité économique, ainsi que les implications transversales dans les domaines politiques des relations internationales, de la sécurité, de l'économie et des valeurs et de l'éthique. 13 0,14,15

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1.0 Introduction

De nos jours, une nouvelle dynamique de changement complexe émerge à l’intersection de la géopolitique, la technologie et l’économie – on l’appelle la géotechnomie. Cette dynamique perturbe les hypothèses de base sur le fonctionnement du système international, l’identité des acteurs et actrices clés, la nature et les sources du pouvoir, et la manière dont les puissances moyennes peuvent garantir leurs intérêts nationaux. L’ampleur de cette perturbation n’est pas encore connue, mais il est certain qu’elle engendrera des défis et des possibilités considérables pour les responsables politiques et les décideurs et décideuses politiques au cours de la prochaine décennie.

La note de prospective sur la géotechnomie (mai 2023) d’Horizons de politiques Canada (Horizons de politiques) propose une première esquisse de la nouvelle dynamique qui façonne l’interaction entre la géopolitique, la technologie et l’économie. Elle souligne également certaines implications préliminaires dans 4 domaines : les relations internationales, la sécurité, l’économie, les valeurs et l’éthique.

Le présent rapport vise à amplifier et à enrichir cette première analyse. Il décrit 6 histoires de changement dans le domaine de la géotechnomie afin d’explorer des avenirs plausibles caractérisés par l’enchevêtrement profond du pouvoir international, des technologies émergentes à double usage et de la prospérité économique. Il décrit ensuite les implications transversales de ces changements dans un ou plusieurs des 4 domaines politiques identifiés dans la première note : les relations internationales, la sécurité, l’économie, les valeurs et l’éthique. L’étude de cet ensemble de changements, d’avenirs et d’implications pourrait aider les décideurs et décideuses politiques à relever les défis et à saisir les possibilités qui se présenteront sur la scène internationale.

Les lecteurs et lectrices sont encouragé.e.s à utiliser ce rapport pour tester leurs hypothèses sur l’avenir. Ce rapport peut également servir à examiner les mesures qui pourraient être prises aujourd’hui pour atténuer les défis futurs et maximiser les possibilités à venir. Les idées proposées ci-dessous peuvent concerner les domaines politiques suivants : relations internationales, sécurité, économie, travail, industrie, éducation et formation, recherche et développement, gouvernance, cohésion sociale, écosystème de l’information, environnement, droits et justice sociale, vie privée et identification.

2.0 Contexte

La nouvelle dynamique à l’intersection de la géopolitique, de la technologie et de l’économie est façonnée par un contexte plus large de changement dans le monde. L’évolution du paysage de la géotechnomie dans les années à venir, et donc les implications qu’elle génère, dépendront de facteurs tels que :

  1. Rythme du développement technologique. Un large éventail de nouvelles technologies à double usage est en train de se développer, de mûrir et de se combiner. Ces technologies sont appelées à redessiner les cartes du pouvoir, à remodeler la concurrence et la coopération économiques internationales et à créer de nouvelles dimensions pour les conflits. Ces technologies comprennent l’intelligence artificielle (IA), les drones, les métaverses, les innovations bionumériques, la géoingénierie et la fabrication additive.
  2. Augmentation des conflits mondiaux. Les conflits violents ont été multipliés par 9 depuis 2004,Note de fin de page 1 et certains, notamment en Ukraine, au Soudan et en Israël, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza,Note de fin de page 2 sont susceptibles de provoquer des conflits régionaux plus importants. Au-delà du bilan humain, cette augmentation perturbe les économies et la coopération mondiale sur une série de questions importantes, telles que l’environnement et les droits de la personne.
  3. Reconfiguration de l’ordre mondial. Les blocs dirigés par Washington et Pékin se sont éloignés les uns des autres dans des domaines tels que l’économie, la sécurité, la technologie et la politique sociale.Note de fin de page 3 Si certains pays ont noué des liens plus étroits avec l’une des superpuissances, d’autres suivent une voie plus indépendante, tirant parti de leur puissance économique croissante pour établir des liens de part et d’autre.Note de fin de page 4 L’ordre international se transforme, rendant les relations plus fluides et déstabilisant les normes relatives au commerce, aux droits de la personne et au changement climatique.
  4. Numérisation des systèmes d’infrastructures critiques. Une nouvelle catégorie de vulnérabilités aux services essentiels tels que l’électricité, les transports, les soins de santé et l’approvisionnement en eau et en nourriture est apparue à mesure que les infrastructures critiques deviennent de plus en plus dépendantes des technologies numériques.Note de fin de page 5 Les cyberattaques, le matériel patrimonial et les catastrophes naturelles ou causées par les humains pourraient provoquer des interruptions plus fréquentes, plus lourdes de conséquences et moins prévisibles de ces infrastructures.
  5. L’effondrement des systèmes démocratiques. Les régimes autoritaires sont désormais plus nombreuxNote de fin de page 6 que les démocraties dans le monde et certaines démocraties établies semblent glisser vers l’autoritarisme.Note de fin de page 7 Si des démocraties d’importance mondiale ou régionale sombrent dans l’anocratie ou la guerre civile, les perturbations du commerce et de la diplomatie pourraient se répercuter sur l’ensemble du système international.
  6. Changements démographiques. Des pays comme le Japon, la Corée du Sud et la Chine ont des populations qui vieillissent rapidement.Note de fin de page 8 Parallèlement, sur le continent africain, une importante génération de jeunes arrive à l’âge adulte.Note de fin de page 9 Ces changements sont susceptibles d’avoir un impact sur la réussite économique, la cohésion sociale et la stabilité politique des différents États. Ils pourraient également modifier les schémas mondiaux de commerce et de migration.
  7. Changement climatique. La transition vers les énergies renouvelables pourrait être inégale et de nombreuses personnes pourraient être confrontées à l’incertitude énergétique. Les phénomènes climatiques extrêmes pourraient provoquer des migrations massives, qui risqueraient de devenir une source de tensions et de conflits internationaux. L’absence persistante de progrès réels dans la lutte contre le changement climatique est aussi susceptible d’éroder davantage la confiance dans les institutions multilatérales, affaiblissant ainsi leur capacité à atténuer les conflits.
  8. Incertitude autour des modèles économiques. Les approches économiques qui remettent en question les structures fondées sur le marché en faveur des perspectives autochtones, de la décroissance, du bien-être et des modèles d’égal à égal gagnent du terrain.Note de fin de page 10 Des organisations telles que l’Union européenne (UE) et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) ont proposé de nouveaux plans d’action et cadres pour l’économie circulaire.Note de fin de page 11 Ces approches peuvent impliquer une planification économique plus centralisée que celle typique des économies de marché. Leur adoption à grande échelle pourrait modifier le pouvoir économique et le comportement diplomatique des États.

3.0 Domaines de changement en géotechnomie : principaux éléments d’information

Il existe 6 domaines clés de changement à l’intersection de la géopolitique, de la technologie et de l’économie. Ensemble, ils signalent un changement sismique dans les systèmes internationaux établis. Des changements d’une telle ampleur créent généralement de nouvelles possibilités et des défis complexes pour les leaders et les décideurs et décideuses politiques.

Texte équivalent
  1. Nouveaux acteurs : Les entreprises technologiques et leurs dirigeant.e.s remettent en question la primauté des États en tant qu’acteurs géopolitiques.
  2. Règles : Les institutions multilatérales peinent à réglementer la technologie.
  3. Sources de force : Certains petits États ayant accès à des ressources naturelles et humaines stratégiques jouissent d’une influence de plus en plus démesurée dans le système international.
  4. Chaînes d’approvisionnement : La géopolitique et la technologie reforgent les chaînes d’approvisionnement en mettant l’accent sur la fiabilité et la sécurité.
  5. Inégalité : Les inégalités sociales et économiques se creusent, car les principaux avantages des nouvelles technologies profitent aux individus, aux groupes et aux États puissants.
  6. État et le citoyen : Les notions d’État et de citoyenneté évoluent à mesure que les technologies créent de nouveaux espaces pour ceux qui partagent des intérêts, des valeurs et des aspirations à se connecter.

3.1 Nouveaux acteurs et actrices

Les entreprises technologiques et leurs dirigeant.e.s remettent en question la primauté des États en tant qu’acteurs géopolitiques. Les grandes entreprises technologiques, qui opèrent à l’échelle mondiale et ont des intérêts dans un réseau de technologies, de produits de consommation, de services, de données et d’infrastructures numériques, représentent un nouveau type d’actrice internationale. Elles — et leurs PDG milliardaires — sont devenues des actrices majeures dans des domaines géopolitiques traditionnellement réservés aux États, tels que l’espace extra-atmosphérique.Note de fin de page 12

Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, par exemple, de grandes entreprises comme SpaceX et Microsoft — ainsi que de petites entreprises émergentes américaines spécialisées dans l’IA, comme Primer.AI et Clearview AI — ont apporté un soutien crucial à l’Ukraine. Elles l’ont fait de leur propre initiative, plutôt que sur instruction d’un quelconque gouvernement.Note de fin de page 13

L’influence géopolitique croissante des grandes entreprises technologiques reflète leur contrôle des infrastructures et des systèmes essentiels au pouvoir économique et stratégique. La plupart des infrastructures de communication — y compris les câbles sous-marins, les centres de données qui forment le nuage et les satellites en orbite basse — sont la propriété privée d’entreprises telles que Google, Meta, Oracle, Microsoft, Amazon, SpaceX et Huawei.Note de fin de page 14

Les technologies stratégiques sont souvent à double usage, ce qui a des répercussions sur les capacités de guerre cinétique et non cinétique, y compris le contrôle des récits. Les câbles qui longent les fonds marins, par exemple, transportent plus de 95 % de l’ensemble du trafic internet international, tout ce qui va des données des particuliers à la propriété intellectuelle et aux secrets militaires. Ils sont vulnérables au sabotage, au vol de données et à l’espionnage.Note de fin de page 15

La taille et la portée des grandes entreprises technologiques, associées à l’influence potentiellement erratique de leurs PDG richissimes, constituent une nouveauté sur la scène mondiale. Contrairement à des entreprises telles que Lockheed Martin et Boeing, qui font depuis longtemps partie de complexes militaro-industriels subordonnés aux gouvernements, les grands acteurs et actrices de la technologie opèrent à différents niveaux de contrôle gouvernemental. Il se peut qu’ils ne donnent pas la priorité aux préoccupations de l’État, telles que la sécurité, la durabilité et la résilience économique. Il peut être difficile de démêler leurs motivations.

Reflétant ce nouveau pouvoir, les organisations internationales invitent les entreprises privées à formuler des recommandations politiques à l’intention des leaders mondiaux.Note de fin de page 16 Certains États ont désigné des « ambassadeurs et ambassadrices de la technologie » pour assurer l’interface avec eux.Note de fin de page 17 On s’interroge de plus en plus sur la manière dont ces entreprises peuvent être tenues pour responsables et intégrées dans les structures de gouvernance mondiale.

À l’avenir

  • Les grandes entreprises technologiques, ou leurs PDG, pourraient décider d’entreprendre une action diplomatique ou militaire unilatérale. Cela pourrait faire d’elles des sources de perturbation — surtout si elles choisissent les intérêts de l’entreprise au détriment des priorités nationales ou de la stabilité internationale. Ou bien leur indépendance pourrait leur permettre de devenir des moteurs de la sécurité et de la stabilité collectives.
  • Les propriétaires privés de technologies et d’infrastructures de communication pourraient limiter les services essentiels pour ceux et celles qui en dépendent afin de peser sur les conflits ou les négociations

3.2 Règles

Les institutions multilatérales s’efforcent de réglementer la technologie. Les technologies numériques à double usage devenant de plus en plus puissantes, la tâche de les réglementer devient à la fois plus urgente et plus difficile. Les réglementations internationales actuelles ne sont pas toujours faciles à appliquer,Note de fin de page 18 et les institutions multilatérales se sont généralement contentées de publier des déclarations ou des lignes directrices plutôt que de nouvelles règles contraignantes. Les efforts d’autorégulation de l’industrie s’avèrent inadéquats. Les régions et les États adoptent leurs propres approches, souvent incompatibles.

Les réglementations conçues à l’ère du numérique – par exemple, pour protéger la vie privée, la sécurité et les droits de la personne dans des contextes de guerre ou de surveillance – ne sont souvent pas clairement adaptées aux possibilités de double usage offertes par les nouvelles technologies numériques.Note de fin de page 19 Les approches analogiques qui se concentrent sur les contraintes imposées aux acteurs et actrices étatiques, comme les traités de non-prolifération nucléaire, ne sont pas utiles pour les nouvelles menaces qui peuvent être déployées par un nombre croissant d’acteurs et d’actrices - par exemple, les cyber-attaques, les drones armés et les robots d’intelligence artificielle.Note de fin de page 20

Les gouvernements et les entreprises technologiques reconnaissent la nécessité de mettre à jour les normes et les réglementations – et certains progrès ont été réalisés, comme la volonté de la Cour pénale internationale de poursuivre les cybercrimes.Note de fin de page 21 Toutefois, les institutions multilatérales ont jusqu’à présent été largement incapables de négocier des accords sur de nouvelles mesures contraignantes.Note de fin de page 22 Peu d’entreprises sont disposées à prendre des mesures unilatérales qui pourraient menacer leur avantage concurrentiel,Note de fin de page 23 et les initiatives d’autorégulation du secteur ont été limitées.

En l’absence d’un leadership mondial plus efficace, les valeurs conflictuelles autour de l’innovation, de la maximisation des profits, des droits de la personne et de la sécurité s’incarnent dans des approches de la réglementation technologique qui diffèrent d’un pays ou d’une région à l’autre. L’Union européenne, par exemple, définit des droits et des principes dans des domaines tels que l’IA, les médias sociaux et la désinformation.Note de fin de page 24 Les États-Unis privilégient une approche passive.Note de fin de page 25 La Chine suit une stratégie politique consistant à limiter certaines technologies et à en développer d’autres afin de maintenir le contrôle social.Note de fin de page 26

À l’avenir

  • Le rythme accéléré de l’innovation dans le domaine de l’IA pourrait rendre encore plus difficile pour les institutions internationales de réglementer les technologies à double usage potentiellement dangereuses par le biais des mécanismes habituels. De nouveaux mécanismes internationaux de consultation et de collaboration pourraient s’avérer nécessaires.
  • La séparation des écosystèmes numériques en raison d’environnements réglementaires différents pourrait nuire au commerce international et à la collaboration en vue de trouver des solutions technologiques à des problèmes complexes tels que le changement climatique.
  • Le développement technologique non réglementé — ou réglementé de manière incohérente — pourrait amplifier la peur et la méfiance entre les États, augmenter la probabilité de conflit et conduire à l’émergence de nouvelles menaces existentielles pour l’humanité en raison de technologies incontrôlables.

3.3 Sources de force

Certains petits États ayant accès à des ressources naturelles et humaines stratégiques jouissent de plus en plus d’une influence considérable dans le système international. Les ressources nécessaires au développement des technologies de pointe — notamment les minerais essentiels, les capacités de production, les capitaux et les talents — représentent de nouvelles sources de pouvoir géopolitique. Alors que le monde devient de plus en plus multipolaire, de nouvelles possibilités s’offrent aux petits États.

Les minerais essentiels aux technologies de pointe revêtent une importance géostratégique croissante, à l’instar de l’or et du pétrole. L’Australie, le Chili, l’Argentine, le Brésil et la République démocratique du Congo comptent parmi les pays possédant de riches réserves de minéraux critiques qui ont exploré la gestion de l’offre sur le modèle de l’OPEP comme moyen de maximiser les profits et le pouvoir.Note de fin de page 27

La capacité de production dans des technologies aujourd’hui considérées comme des ressources stratégiques — notamment les semi-conducteurs, la biotechnologie, l’énergie propre et les produits pharmaceutiques — est une source croissante de pouvoir.Note de fin de page 28 Au-delà des États-Unis et de la Chine, les régions influentes sont Taïwan, le Japon, la Malaisie, la Corée du Sud, les Pays-Bas et l’Inde. Des pays riches en capitaux comme l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis (EAU) utilisent leurs fonds souverains pour lancer des technologies de pointe, comme le modèle d’IA à source ouverte d’Abu Dhabi, Falcon 40B.Note de fin de page 29

La rareté relativeNote de fin de page 30 des talents technologiques donne un avantage concurrentiel aux pays qui disposent d’un capital humain ou qui ont la capacité d’attirer et de retenir des travailleuses et travailleurs étranger.e.s qualifié.e.s. La politique d’immigration du Canada cible les travailleuses et travailleurs qualifiés, y compris les talents technologiques.Note de fin de page 31 Parmi les autres exemples notables de politiques avant-gardistes, citons le programme de visa pour les nomades numériques de l’Estonie, les initiatives de villes intelligentes de Singapour, l’écosystème d’entreprises émergentes technologiques de la Corée du Sud, les installations de recherche de la Suisse et de la Suède, et le Future Office des EAU.Note de fin de page 32

Avec l’isolationnisme croissant des puissances établies, les petites et moyennes puissances ont davantage d’occasions d’affirmer leur indépendance et leur leadership dans un ordre mondial multipolaire.Note de fin de page 33 L’influence croissante de la Turquie dans les domaines de la défense, de l’énergie, de l’aide humanitaire et de la médiation, ainsi que le rôle de l’Afrique du Sud dans la promotion de l’intégration régionale en Afrique, en sont des exemples.Note de fin de page 34 Les puissances moyennes qui ont prospéré dans le cadre de l’ordre occidental fondé sur des règles, telles que l’Australie et la Nouvelle-Zélande, pourraient perdre de leur influence en comparaison.

Les alliances émergentes — telles que l’Organisation de coopération de Shanghai et le groupe I2U2 composé de l’Inde, d’Israël, des EAU et des États-Unis — et l’expansion des alliances existantes, telles que les BRICS et le G77, peuvent également offrir aux petits États une plus grande influence géopolitique. À ce jour, 36 pays ont exprimé leur intérêt à rejoindre les BRICS, et l’inclusion de pays riches en pétrole tels que l’Arabie saoudite, les EAU et l’Iran pourrait fondamentalement modifier sa dynamique interne et son comportement international.Note de fin de page 35

À l’avenir

  • Les fluctuations de la valeur stratégique des ressources, qu’elles soient dues aux forces du marché ou à la manipulation du marché par des acteurs ou actrices influent.e.s, peuvent modifier la dynamique du pouvoir mondial de manière inattendue.
  • Les États qui s’engagent en faveur de la diversité, de l’inclusion et du bien-être social pourraient mieux réussir à cultiver les talents en matière de ressources humaines pour soutenir l’innovation technologique — et à surmonter les perturbations sociales et professionnelles qui l’accompagnent — ce qui leur permettrait d’exercer une plus grande influence au niveau international.Note de fin de page 36
  • Des petites et moyennes puissances plus influentes et disposant d’une plus grande marge de manœuvre pourraient donner lieu à des alignements nouveaux et plus souples autour de questions économiques, de droits de la personne, d’environnement ou de stratégie.

3.4 Chaînes d’approvisionnement

La géopolitique et la technologie remodèlent les chaînes d’approvisionnement en mettant l’accent sur la fiabilité et la sécurité. Des chocs tels que la COVID-19 ont mis en évidence les vulnérabilités des longues chaînes d’approvisionnement qui intègrent les fournisseurs les moins chers du monde entier. Les efforts de réduction des risques et d’autosuffisance — économie d’affinité, délocalisation à proximité, diversification des chaînes d’approvisionnement et utilisation croissante de la technologie — entraînent de nouveaux défis géopolitiques pour certain.e.s et de nouvelles opportunités économiques pour d’autres.

Dans l’après-guerre froide, on espérait généralement que la mondialisation du commerce et l’intégration économique de la Chine garantiraient la prospérité et la stabilité mondiales.Note de fin de page 37 Toutefois, des événements récents ont mis en évidence les vulnérabilités des longues chaînes d’approvisionnement mondiales : la pandémie de COVID-19 a perturbé la fabrication et la logistique, l’invasion de l’Ukraine a perturbé les chaînes d’approvisionnement en matières premières et en denrées alimentaires, et le changement climatique a également contribué à des perturbations.Note de fin de page 38

Dans de telles circonstances, la dépendance à l’égard d’une source unique a fait des chaînes d’approvisionnement des outils de coercition dans les conflits diplomatiques. Parallèlement, on s’inquiète de plus en plus du fait que l’externalisation de composants de technologies de pointe soulève des risques liés à la sécurité, tels que l’espionnage.

En conséquence, le concept d’efficacité a été réévalué pour privilégier la résilience et la sécurité, en mettant l’accent sur des partenariats avec des acteurs et actrices fiables et politiquement aligné.e.s. Les pays riches, les puissances émergentes et les multinationales cherchent à « dérisquer » leurs chaînes d’approvisionnement en créant des réseaux d’allié.e.s de confiance, en contrôlant les technologies critiques ou en devenant plus autosuffisants dans les secteurs stratégiques.Note de fin de page 39

Dans l’industrie des semi-conducteurs, par exemple, les efforts déployés par les gouvernements pour renforcer les capacités nationales comprennent la loi américaine CHIPS and Science Act de 2022,Note de fin de page 40 la loi européenne sur les puces et les investissements importants de l’Inde et du Japon.Note de fin de page 41 Dans le domaine des technologies énergétiques propres, qui dépendent de minéraux tels que le lithium et le cobalt,Note de fin de page 42 des entreprises telles que Tesla poursuivent l’intégration verticale en acquérant des sources d’approvisionnement.Note de fin de page 43

Les technologies permettent de relever de nombreux défis liés à la chaîne d’approvisionnement. Par exemple, l’IA optimise la gestion des stocks et la logistique.Note de fin de page 44 La technologie de la chaîne de blocs peut assurer la transparence et la traçabilité, réduisant ainsi le risque de produits contrefaits.Note de fin de page 45 Les capteurs IoT (Internet des objets) qui suivent le mouvement des marchandises fournissent des données en temps réel, facilitant une prise de décision plus éclairée.Note de fin de page 46 L’impression 3D permet une production plus locale et à la demande, simplifiant les chaînes d’approvisionnement et réduisant le besoin de vastes inventaires.Note de fin de page 47

Le scepticisme persiste quant à la viabilité économique des efforts visant à mettre en place des chaînes d’approvisionnement plus résistantes.Note de fin de page 48 Par exemple, les tentatives occidentales de réduire la dépendance à l’égard de la ChineNote de fin de page 49 peuvent profiter à des pays comme l’Inde, le Viêt Nam, la Thaïlande et le Mexique, qui disposent d’une main-d’œuvre abondante et d’une situation géographique favorable.Note de fin de page 50 Toutefois, lorsque ces partenaires commerciaux sont eux-mêmes extrêmement dépendants des exportations chinoises, il peut en résulter une augmentation nette des importations indirectes de la Chine vers l’Occident.Note de fin de page 51

À l’avenir

  • La reconfiguration des chaînes d’approvisionnement pourrait risquer de déboucher sur un protectionnisme qui accroîtrait la résilience mais aggraverait l’inflation.
  • Les changements dans la structure du commerce mondial pourraient avoir un effet stabilisateur sur la géopolitique — s’ils aboutissent à une économie mondiale plus robuste et interconnectée — ou un effet déstabilisateur, en réduisant l’accès de certains États à des technologies importantes sur le plan économique et militaire.
  • La technologie peut encore améliorer la transparence, l’efficacité et la sécurité des chaînes d’approvisionnement mondiales, réduisant ainsi la probabilité d’une réorganisation radicale.

3.5 L’inégalités

Les inégalités sociales et économiques se creusent à mesure que les avantages des nouvelles technologies profitent principalement à des individus, des groupes et des États puissants. Le développement et le déploiement de technologies de pointe, telles que l’IA, concentrent la richesse et le pouvoir entre les mains d’États, d’entreprises et d’individus déjà riches et puissants. L’IA risque également de miner les sociétés démocratiques en permettant de nouvelles formes de contrôle gouvernemental, en aggravant la désinformation et en amplifiant les préjugés raciaux.

Le développement technologique perpétue les inégalités mondiales car il nécessite des investissements initiaux importants de la part des gouvernements ou du secteur privé, de sorte qu’il se produit principalement dans quelques pays riches du Nord. Pendant ce temps, les tâches de tri et de nettoyage des données, à forte intensité de main-d’œuvre et à faible valeur ajoutée, ont tendance à se produire dans le sud de la planète.Note de fin de page 52

Le déploiement des technologies perpétue également des systèmes injustes d’extraction et de contrôle. Quelques entreprises privées ou soutenues par l’État contrôlent les infrastructures d’énergie et de communication dans le monde entier. Cela leur permet de tirer des profits directs des utilisateurs et utilisatrices. Elles ont également accès aux données, qui peuvent être monétisées ou utilisées pour obtenir des informations exploitables sur les utilisateurs et utilisatrices. Ces entreprises ont le pouvoir de manipuler ou même de fermer le réseau électrique ou de communication d’un pays et d’empêcher les rivaux locaux d’accéder aux systèmes qui pourraient faire d’eux des concurrents viables.

La Chine encourage ce type de comportement de la part d’entreprises privées soutenues par l’État afin d’accroître son pouvoir de convaincre dans des régions stratégiquement et économiquement importantes. C’est particulièrement vrai en Afrique,Note de fin de page 53 où les composants Huawei constituent 70 % des infrastructures de communication telles que les réseaux 4G.Note de fin de page 54

Les systèmes de surveillance privés et publics peuvent renforcer le contrôle en permettant aux gouvernements d’identifier et de cibler plus facilement les personnes qui les critiquent. Ces systèmes leur permettent de rechercher des signes de dissidence sur les plateformes de médias sociaux, de mettre en œuvre des méthodes de censure en ligne plus précises et plus subtiles, et d’identifier et de surveiller les personnes qui participent à des manifestations antigouvernementales.Note de fin de page 55

L’IA est utilisée pour renverser les normes et les institutions démocratiques dans certains États.Note de fin de page 56 Les progrès rapides des outils alimentés par l’IA pour générer du texte, du son et de l’image rendent la vérité plus difficile à identifier et la manipulation beaucoup plus facile.

De nouveaux défis éthiques apparaissent également avec le potentiel de l’IA à exacerber les formes existantes de discrimination et d’injustice.Note de fin de page 57 Il a été démontré que la prise de décision algorithmique dans des contextes financiers et médicaux peut avoir des préjugés raciaux involontaires.Note de fin de page 58 Cela pourrait amplifier les antagonismes enracinés dans les inégalités historiques, avec des implications pour la stabilité nationale et les relations étrangères.

À l’avenir

  • Un développement et un déploiement technologiques inéquitables risquent d’inverser les progrès réalisés au niveau mondial en ce qui concerne les objectifs de développement durable. Le respect de la vie privée, la sécurité et la possibilité de se déconnecter pourraient devenir des produits de luxe accessibles principalement aux personnes vivant dans les pays riches, tandis que les personnes vivant dans les pays pauvres seraient tributaires de réseaux peu ou pas coûteux offrant des protections minimales.
  • Le contrôle des infrastructures critiques et des technologies connexes pourrait donner à certains protagonistes privés et contrôlés par l’État de nouveaux degrés d’influence directe et indirecte sur les États et nationaux étrangers.
  • L’IA pourrait miner les normes démocratiques relatives à un débat ouvert et éclairé, exacerbant les clivages idéologiques d’une manière qui complique les négociations internationales et la fixation d’objectifs.

3.6 État et citoyen.ne

Les notions d’État et de citoyenneté évoluent à mesure que les technologies créent de nouveaux espaces permettant à ceux et celles qui partagent des intérêts, des valeurs et des aspirations de se connecter. La technologie a permis aux gens d’interagir et de s’organiser avec d’autres personnes partageant les mêmes idées, à la fois dans leur propre pays et dans d’autres pays. En conséquence, de nouvelles idées émergent — telles que les États-réseaux, les nations numériques, les nomades numériques et la citoyenneté mondiale — qui remettent en question les notions traditionnelles d’État et de citoyenneté.

Les « États-réseaux » sont des communautés en ligne fondées sur des valeurs qui financent l’achat de territoires et espèrent obtenir la reconnaissance diplomatique d’un État existant. Des milliers de membres de Praxis, par exemple, ont fait des investissements financiers dans le but d’identifier un pays d’accueil et de devenir une zone économique spéciale.Note de fin de page 59 Afropolitan espère construire une société ancrée dans les mentalités, les histoires et les mythologies africaines ancestrales.Note de fin de page 60

L’idée de « nation numérique » émerge comme un moyen de protéger les citoyens et citoyennes des pays qui risquent de disparaître en raison du changement climatique. Par exemple, Tuvalu, qui devrait être le premier pays à être submergé par l’élévation du niveau des mers, a demandé aux Nations unies de le reconnaître comme un État numérique afin de préserver ses droits de pêche.Note de fin de page 61

Les idées traditionnelles sur les droits et les responsabilités des citoyens et citoyennes vis-à-vis des États sont remises en question par l’essor des visas « nomades numériques ». Actuellement, plus de 50 pays autorisent les étrangers à se déplacer et à travailler à distance pendant une période pouvant aller jusqu’à 2 ans.Note de fin de page 62

Les conventions relatives à la citoyenneté nationale évoluent également à mesure que les espaces immersifs en ligne deviennent des lieux d’éducation, d’engagement et de délibération sur les priorités transnationales. Ils élargissent les idées de « citoyenneté mondiale » et permettent à des groupes de s’organiser et de s’exprimer de manière novatrice au sein des États. Au Canada, par exemple, un consortium Anishinaabe a développé Biskaabiiyaang (un métavers autochtone) comme un espace pour résister aux systèmes coloniaux et utiliser la narration pour éduquer et réclamer des façons d’être.Note de fin de page 63

À l’avenir

  • Les nations et les communautés numériques pourraient revoir leur conception du contrat social, en recadrant les idées sur les droits et les responsabilités des citoyens et citoyennes, l’attachement à la nation et la participation civique.
  • Les structures de gouvernance mondiale devront peut-être s’adapter pour inclure les États en réseau et les nations numériques, qui peuvent englober les États annexés par la guerre ainsi que ceux qui disparaissent en raison du changement climatique.

Implications politiques transversales

Les changements décrits ci-dessus remodèlent les interactions entre la géopolitique, la technologie et l’économie. Ces changements sont sur le point de perturber les hypothèses sur l’avenir qui sous-tendent les politiques fondamentales en matière de sécurité, de relations internationales, d’économie, de valeurs et d’éthique. Pour relever les défis et saisir les occasions à venir, les décideurs et décideuses politiques pourraient être amené.e.s à reconsidérer les approches conventionnelles des compromis entre la réglementation technologique, l’innovation, les droits de la personne, la croissance économique et l’influence internationale.

Les implications politiques présentées ci-dessous ont été sélectionnées pour l’éventail de futurs plausibles qu’elles illustrent, ainsi que pour leur pertinence dans l’élaboration des politiques. Il ne s’agit pas de prédictions, ni d’un avenir attendu ou souhaité, et cette liste n’est pas non plus exhaustive.

4.1 Relations internationales

  • On peut s’attendre à ce que les gouvernements jouent un rôle plus actif dans la protection des intérêts nationaux face aux grandes entreprises technologiques qui ont le pouvoir de façonner les conflits géopolitiques.
  • Les institutions multilatérales pourraient demander un soutien supplémentaire pour créer de nouveaux mécanismes de régulation du développement et du déploiement des technologies.
  • Une concurrence non réglementée sur les nouvelles technologies, les nouvelles ressources et les nouveaux espaces pourrait exacerber les tensions internationales tout en nuisant à l’environnement.
  • Les structures de gouvernance mondiale pourraient entrer dans une période de bouleversements en cherchant à intégrer de nouveaux acteurs et actrices, espaces et entités tels que les entreprises technologiques, les métaverses, les États-réseaux et les nations numériques.

4.2 Sécurité

  • Les technologies de communication avancées relient les différentes facettes de la société mondiale de manière à promouvoir l’innovation et la compréhension, mais augmentent également la vulnérabilité des États face aux cyberattaques, à l’espionnage et aux défaillances des systèmes.
  • Le renforcement de la capacité mondiale à surmonter les risques existentiels peut s’avérer impossible si la désinformation rampante ou les clivages idéologiques empêchent un consensus sur les vérités fondamentales.
  • Les services essentiels pourraient être mis en péril par des propriétaires étrangers ou imprévisibles d’infrastructures internet critiques.

4.3 Économie

  • Les pays devront peut-être trouver un équilibre complexe entre leurs intérêts stratégiques, leurs valeurs fondamentales et leur capacité à rester compétitifs à l’échelle mondiale.
  • Un environnement commercial mondial moins ouvert et moins coopératif pourrait apparaître si les tensions internationales, les mouvements idéologiques ou les tentatives de sécurisation des chaînes d’approvisionnement conduisent à l’adoption généralisée de politiques industrielles et commerciales protectionnistes.
  • Une révision significative des chaînes d’approvisionnement mondiales pourrait également ouvrir les portes de nouveaux marchés aux entreprises basées dans des États bénéficiant d’une position géographique avantageuse, de réserves de main-d’œuvre qualifiée et de conditions sociales stables.
  • Une allocation inefficace des ressources, des distorsions du marché et des comportements de recherche de profit parmi les entreprises peuvent survenir si les gouvernements jouent un rôle plus actif en donnant la priorité à certains secteurs et à certaines technologies.
  • Avec l’automatisation croissante des emplois, la concurrence internationale pourrait s’intensifier pour les compétences qui sont à la fois difficiles à automatiser et traditionnellement sous-évaluées, comme celles des travailleurs et travailleuses du secteur des soins.
  • Si les perturbations du travail deviennent si fréquentes que les travailleurs et travailleuses peinent à satisfaire leurs besoins fondamentaux, certains États pourraient voir leur position internationale affaiblie par des perturbations sociales ou une émigration massive.

4.4 Valeurs et éthique

  • Une nouvelle source de tension internationale pourrait apparaître si les structures de gouvernance mondiale des technologies émergentes qui reflètent les valeurs démocratiques, durables et centrées sur l’être humain, chères à certains États, aliènent des parties prenantes clés dont les priorités et les valeurs sont différentes.
  • La dépendance à l’égard de l’IA ou de données biaisées dans les processus décisionnels futurs pourrait conduire à des choix qui perpétuent l’exclusion et compromettent la cohésion sociale et le potentiel économique des États.
  • Les difficultés à aligner les valeurs et l’éthique formulées pour un monde physique avec les réalités des mondes numériques émergents peuvent obliger les décideurs et décideuses politiques à repenser une série d’hypothèses autour de la croissance économique, de l’immigration, de la cohésion sociale, de la collecte de renseignements, des processus démocratiques et de la sécurité nationale.

5.0 Conclusion

Le terme « géotechnomie » attire l’attention sur la façon dont les interactions entre la géopolitique, l’économie et le développement technologique remodèlent le monde de manière de plus en plus profonde et imprévisible. Du fait de ces interactions, les gouvernements devront peut-être être prêts à repenser fondamentalement 3 types de relations :

Tout d’abord, leur relation avec les grandes entreprises technologiques. Ces entreprises ne sont pas seulement essentielles à la performance économique, elles sont aussi de plus en plus capables d’influencer la trajectoire des rencontres diplomatiques et militaires. Les dirigeant.e.s d’entreprise technologiques anticonformistes peuvent en venir à rivaliser avec les dirigeant.e.s nationaux en tant que protagonistes sur la scène internationale.

Ensuite, leurs relations avec les autres gouvernements. La technologie offre aux États de nouveaux moyens de collaborer sur des problèmes transfrontaliers et de nouveaux moyens de s’attaquer les uns les autres. Elle rend les anciens accords internationaux obsolètes, tout en creusant les fossés idéologiques qui rendent difficile la conclusion de nouveaux accords.

Enfin, leur relation avec leurs propres citoyens et citoyennes. La technologie permet aux gens de passer du temps dans des communautés virtuelles qui ont plus d’importance pour eux que leurs communautés locales et physiques. Pour certaines personnes, elle offre à leurs employeurs et employeuses la possibilité de travailler dans différents pays. Pour d’autres, elle compromet leur capacité à satisfaire leurs besoins fondamentaux.

Remerciements

Ce rapport résume les réflexions, les idées et les analyses de nombreux contributeurs et contributrices dans le cadre de recherches, d’ateliers, et de conversations.

Horizons de politiques Canada souhaite remercier les membres du comité directeur des sous-ministres et le sous-ministre adjoint principal, Elisha Ram, pour leurs conseils, leur soutien et leur expertise, ainsi que tous les collègues qui ont contribué à l’élaboration de ce travail.

Nous remercions les nombreux expert.e.s qui ont généreusement donné de leur temps pour soutenir ce travail.

Nous remercions également les anciens et actuels collègues d’Horizons politiques qui ont apporté leur soutien à ce travail : Marcus Ballinger, Mélissa Chiasson, Laura Gauvreau, Christopher Hagerman, et Irene Jellissen.

Un remerciement spécial est adressé à l’équipe du projet :

Nicole Fournier-Sylvester, analyste et chef de project, recherche en prospective
Kurt Richardson, analyste, recherche en prospective
Simon Robertson, directeur, recherche en prospective
Tieja Thomas, gestionnaire, recherche en prospective
Kristel Van der Elst, directrice générale
Sabika Zehra, analyste, recherche en prospective

© Sa Majesté le Roi du chef du Canada, 2025.

Pour obtenir des informations sur les droits de reproduction : Contactez-nous

PDF : PH4-208/2025F-PDF
ISBN : 978-0-660-74934-1

Avertissement

Horizons de politiques Canada (Horizons de politiques) est le centre d’excellence en prospective du gouvernement du Canada. Notre mandat est de doter le gouvernement du Canada d’une perspective et d’un état d’esprit tournés vers l’avenir afin de renforcer la prise de décisions. Le contenu de ce document ne représente pas nécessairement le point de vue du gouvernement du Canada ou des agences et ministères participants.


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